Célébration de la prière du vendredi plus d’une fois dans la même Mosquée

21ème  session ordinaire organisée à Dublin (Irlande)

du 27 Rajab au 1er Chaâbane 1432, équivalent 28/6 au 1/7/2011

Fatwa 3/21                

Concernant la célébration de la prière du vendredi plus d’une fois dans la même Mosquée pour une raison valable.

Question : la capacité de certaines Mosquées ne peut pas accueillir l’ensemble des fidèles pour la prière du vendredi, ce qui les oblige à prier dans les rues adjacentes de la Mosquée. Or, ceci perturbe les passants et les commerçants, entraînant certains d’entre eux à se plaindre auprès des autorités. Celles-ci ont interdit la prière dans les rues et parfois ont menacé de fermer la Mosquée.

Ainsi, les responsables des Mosquées se posent la question sur la possibilité de célébrer la prière du vendredi deux fois de suite au sein de la même Mosquée, et si cela est permis, la prière peut-elle guidée par le même imam ou bien est-il nécessaire de faire appel à une autre personne ?

Réponse du CEFR : la jurisprudence musulmane a traité depuis les temps anciens, la question de la célébration du Joumoaâ dans plusieurs Mosquées de la même ville.  Avec l’agrandissement des villes, les Mosquées se sont multipliées d’où la question de la duplication de la prière du vendredi ne se pose pas. Les avis des jurisconsultes divergeaient entre la permission totale et ceux qui considéraient qu’elle devait être célébrée dans la Mosquée la plus ancienne (originelle) ; certains considéraient qu’elle (la prière) devrait être célébrée dans la première. Même l’imam Al-SOUBKI avait émis une fatwa intitulée « La protection auprès du Seule et Unique (Mosquée) contre la célébration de deux Jomos dans la même cité. »

La cause de la divergence sur le sujet est l’inexistence d’un texte ordonnant ou déconseillant en la matière. Ainsi les avis des jurisconsultes penchent vers l’interdiction, car ils sont animés par la crainte des troubles, de la divergence et la désunion.

Aujourd’hui, la réalité a changé. En effet, de grandes Mosquées se sont multipliées dans la même ville et le besoin se fait sentir et donc la cause évoquée n’a plus court. Aussi, parfois à cause du manque d’espace par rapport au nombre de fidèles, parfois à cause de l’horaire qui ne convient pas à tout le monde, eu égard à la nature des occupations des gens et le nombre relativement réduit des Mosquées dans la même ville, représentent des éléments à prendre en considération.

Ainsi le Conseil européen de la Fatwa et des Recherches ne voit pas d’inconvénient à la célébration de la prière du vendredi plus d’une fois dans la même Mosquée, tant qu’il y a une raison à cela, comme celles précitées (étroitesse des lieux, difficulté de se rassembler) et l’interdiction dans ce cas est un tort, car cela prive beaucoup de musulmans d’accomplir cette obligation qui constitue un rite très important en Islam, qui renferme des bienfaits comme la réunion (l’union) des musulmans, le rapprochement de leurs cœurs et le fait de se connaître, en plus des recommandations, du conseil et l’enseignement de la religion.

Concernant la duplication de la prière du vendredi dans la même Mosquée, le Conseil attire l’attention sur l’obligation de se référer à l’administration de la Mosquée ou du centre, qui elle seule, prend les décisions qui vont dans le sens de l’intérêt de tous et choisit l’imam et l’heure de la célébration de la prière.

Il est préférable que ce soit un autre imam, que celui qui a guidé la première prière, qui dirige la seconde prière de Jomouaâ, mais dans l’impossibilité d’en trouver un autre, le premier peut la faire car le Compagnon Moâdh ibn Jabal, que Dieu l’agrée, priait Al-Ichaa derrière le Prophète SBDL puis retourne à la Mosquée de Qobaa pour diriger la même prière.

(Vu 250 fois, 3 visites aujourd'hui)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *