La zakat, aumône légale

zakatAu sens étymologique : purification et accroissement. Au sens terminologique : c’est la part déterminée des biens que Dieu a ordonnés de payer et de dépenser en faveur de ceux qui la méritent. Elle est parfois appelée « sadaqa » (aumône).

Définition

Au sens étymologique : purification et accroissement.

Au sens terminologique : c’est la part déterminée des biens que Dieu a ordonnés de payer et de dépenser en faveur de ceux qui la méritent.

Elle est parfois appelée « sadaqa » (aumône). « Les sadaqa ne sont destinées que pour les pauvres … » (Sourate 9 Le Repentir (At-tawba), verset 60)

Son instauration

Le principe fut instauré à la Mecque :  » … Mangez de leurs fruits, quand ils en produisent ; et acquittez-en les droits le jour de la récolte … » (Sourate 6 les Bestiaux (Al-An’âm), verset 141), sa forme finale et sa mise en place, à Médine.

Son statut juridique

C’est une obligation : « Les fondements de l’islam sont au nombre de cinq : l’attestation qu’il n’est de dieu que Dieu et que Mohammad est son Messager, l’accomplissement de la salat, l’acquittement de la zakat, le jeûne du Ramadan et le pèlerinage à la Mecque pour celui qui en a la possibilité » (Al-Boukhari et Mouslim).

Incitation à la payer

« Prélève de leurs biens une sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis » (Sourate 9 Le Repentir (At-tawba), verset 103)

La payer fait partie des caractéristiques des pieux : « … et dans leurs biens, il y avait un droit au mendiant et au déshérité … » (Sourate 51 Les Ouragans (Adh-Dhâriyât), versets 15-19)Le Prophète (SBDL) dit : « L’aumône ne diminue en rien des biens » (At- Tirmidhi).

La mise en garde contre son non paiement

« A ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux, le jour où (ces trésors) seront portés à l’incandescence dans le feu de l’Enfer et qu’ils en seront cautérisés, front, flancs et dos : voici ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes. Goûtez de ce que vous thésaurisiez. » (Sourate 9 Le Repentir (At-tawba), verset s 34-35)

Le Prophète (psl) dit : « Chaque fois que celui qui possède de l’or et de l’argent n’en s’acquitte pas l’aumône (zakat) qui se doit, on lui en fabriquera le jour de la résurrection des plaques de feu qu’on chauffera encore plus au feu de l’Enfer. On lui brûlera avec elles son côté, son front et son dos. Dès qu’elles se refroidissent on les reportera pour lui en Enfer dans une journée évaluée à cinquante mille ans jusqu’à la fin du jugement. Il voit alors sa voie, ou bien au Paradis, ou bien en enfer. » (Al-Boukhari et Mouslim)

Celui qui nie le caractère obligatoire de la Zakat ou qui s’en moque La zakat est reconnue comme étant un élément impératif et fondamental de la religion. Par conséquent, celui qui nie son caractère obligatoire sort du cercle de l’islam.

La sanction relative au non paiement de la zakat

Un châtiment dans l’au-delà (voir le verset et le hadith précédents).

Une sanction ici-bas infligée par la volonté divine : « Chaque fois qu’un peuple s’abstient de s’acquitter de la Zakat, Dieu les éprouve par la famine et la disette » (Al-Hakim et Al-Bayhaqi), « … et chaque fois qu’ils s’abstiennent de s’acquitter de la zakat, ils seront privés de la pluie, et si ce n’était pas pour les bêtes, ils n’auraient jamais de pluie » (Al-Hakim, Ibn Majah, Al-Bazzar et Al-Bayhaqi)

Une sanction ici-bas infligée par le gouverneur musulman : « … Celui qui la donne en espérant la récompense divine sera rétribuée en conséquence. Quant à celui qui refuse de la donner, nous la lui prendrons ainsi que la moitié de ses biens » (Ahmed, An -Nasa-y, Abou Daoud, et Al-Bayhaqi)

Les objectifs de la Zakat Pour celui qui la donne

Elle le purifie de l’avarice et le libère de l’adoration des biens Elle l’habitue à dépenser dans la voie de Dieu

La zakat est une façon de remercier Dieu, un remède contre l’amour excessif de ce bas monde et une purification de l’âme : « Prélève de leurs biens une sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis. » (Sourate 9 Le Repentir (At-tawba), verset 103)

Elle permet d’accroître les biens : « Et toute dépense que vous faites dans le bien, Il la remplace et c’est lui le Meilleur des donateurs » (Sourate 34 Saba’ (Saba’), verset 39)

Pour celui qui la reçoit

Elle le sort du besoin qu’il soit matériel (nourriture, vêtements et habitation), psychologique vital (mariage) ou moral et intellectuel (bourses d’études, livres…)

Elle le purifie de la jalousie et de la haine. En effet, lorsque le nécessiteux voit les riches autour de lui, vivre dans l’aisance et le luxe, sans lui venir en aide, son cœur ne sera pas à l’abri de la jalousie et de la haine. Les sentiments de fraternité se dissipent alors, et l’unité de la société n’est plus assurée.

Pour la société

La zakat fut la première législation organisée qui assura la sécurité sociale d’une façon parfaite et complète. L’imam az-Zohri (décédé en 124h) a écrit à Omar ibn ’Abdelaziz (calife de 99h à 101h) au sujet de la zakat : « … Elle doit être destinée au malade atteint d’une maladie chronique, à l’handicapé, un chaque pauvre atteint d’une maladie ou d’une infirmité qui l’empêche de subvenir à son besoin ; aux pauvres qui mendient, aux prisonniers musulmans qui n’ont plus de familles, aux pauvres qui se rendent aux mosquées et qui n’ont aucune ressource, à celui qui a été frappé par la pauvreté en étant endetté et à tout voyageur qui a aucun abri ni famille vers qui aller … »

la stimulation de l’économie : A force de donner chaque année 2,5%, ses biens risquent d’être totalement consommés. Ce qui le pousse à les fructifier, entrainant par ceci une stimulation économique.

Elle contribue à atténuer l’écart entre les classes sociales : L’islam admet l’existence de conditions matérielles différentes, mais ne peut admettre que la société soit divisée en deux classes sociales, l’une vivant d’une manière luxueuse tandis que l’autre peine à subvenir à son indispensable. L’islam ne vise nullement à déposséder les riches de leurs richesses, mais vise à améliorer la situation des pauvres en leur assurant ce dont ils ont besoin.

Elle contribue à éradiquer la mendicité.

Elle contribue à présenter une alternative aux sociétés d’assurances commerciales qui prélèvent une partie des biens de l’individu au profit de leurs riches propriétaires. Quant à la zakat, elle prélève une partie des biens des riches pour la redistribuer aux pauvres.

La zakat contribue à l’encouragement des jeunes au mariage en les aidant à assumer ses dépenses. Les jurisconsultes « fouqaha » stipulent que celui qui se trouve dans l’incapacité de sa marier à cause de sa pauvreté, doit bénéficier de la zakat de manière à assumer les dépenses du mariage, car ceci fait partie de l’indispensable.

Moncef ZENATI (d’après « Taysir fiqh al-’ibadat » de Cheikh Fayçal Mawlawi) (UOIF)

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